• 1 - Soirée parfaite ?

     

    La soirée était géniale, j'avais rarement autant dansé sur une musique. Je m'étais rarement autant amusée. J'avais rarement été aussi détendue alors que mon petit copain était à côté de moi. Nous dansions comme des fous, complètement décomplexés. L'alcool devait y être pour quelque chose.

     

    Nous nous rapprochions de plus en plus, jusqu'à ce que nos deux corps dansent l'un contre l'autre de façon plus sensuelle. Nos regards se sont croisés puis nos lèvres se sont accrochées comme jamais auparavant. C'était à la fois doux et plein de désir. Délicieux. Puis nos lèvres se décollèrent et il me regarda intensément. Il se pencha vers moi pour me dire ces trois mots à l'oreille. Il ne les hurla pas pour recouvrir la musique. Il ne les chuchota pas non plus.  Il les dit à haute voix, clairement, comme s'il avait dit qu'il avait dit quelque chose de banal.  

     

    « Je t'aime »

     

    Complètement saoule, je me suis mise à rire. Nerveusement. Il m'interrogea du regard. Son incompréhension me fit sourire. Je le repoussais mollement en lui disant gentiment de s'écarter un peu, tout en continuant de danser comme si de rien n'était. Je crois que ça l'a vexé parce qu'il prononça mon prénom, le ton grave. J'osais pas le regarder, alors j'ai fait comme si je n'avais pas entendu à cause du son. Nous continuions de danser, avec moins d'entrain, face à face, lorsqu'il attrapa ma main. Je levais mes yeux vers lui et il me demanda :

     

    « Pas toi ?

     

    Un sourire étira mes lèvres. Un sourire fait de toute pièce, qui se voulait le plus naturel et le plus heureux possible. Celui que j'utilise lorsque j'essaye de persuader quelqu'un ou de me persuader moi-même qu'il n'y a rien à craindre.

     

    - Si, bien sûr que si mon cœur !

     

    Mon magnifique sourire ne parvint cependant pas à le duper.

     

    - On dirait pas là.

     

    - Mais si mais si, dis-je d'une voix traînante, la conversation prenant un tournant qui ne me plaisait pas.

     

    - Ecoute bébé on dirait vraiment pas là.

     

    Et puis j'me suis lancée. L'effet de l'alcool m'a fait dire ce que je pensais chaque fois qu'il était avec moi mais que je n'ai jamais osé lui dire sincèrement, autrement que sur le ton de la rigolade :

     

    - C'est juste que je ne comprends pas comment tu fais !»

     

    Un stupide sourire était toujours accroché à mes lèvres, et mes yeux restaient rieurs. Nous faisions mine de danser mais n'étions plus en rythme avec la musique.
    Il secoua la tête en disant que je raconte n'importe quoi et qu'il ne peut pas me laisser croire que je ne mérite pas son amour. Et moi je lui répétais qu'il n'arrêtait pas de dire de la merde, et je lui répétais d'arrêter ça. Puis il a commencé à s'agacer. Rien de bien méchant, il m'a juste fait comprendre qu'il avait bien remarqué que je l'aimais pas vraiment et que je ne croyais pas à son amour. A lui aussi l'alcool faisait dire des choses enfouies.
    Ce furent les paroles de trop. Ses paroles m'irritaient déjà mais je ne le montrais pas. Sous ses yeux, je suis passée du rire à la colère. Au beau milieu de tous, je lui ai hurlé dessus quelque chose comme :

     

    « Tu sais quoi ? Tu as totalement raison ! J'ai tellement peur que ce soit pas sincère ce que tu ressens pour moi, et tu sais pourquoi ? Parce que je sais très bien qu'on peut pas m'aimer, parce que je suis nulle à chier ! » , en insistant bien sur les trois derniers mots.

     

    Oh god. Putain. De. Merde. La musique battait son plein mais les autres avaient arrêté de danser et s'étaient tourner vers nous en m'entendant péter un câble. J'avais honte.  Je tournais rapidement la tête afin de ne plus avoir Antoine en visuel. L'alcool fit que l'image tourna moins vite que mon crâne  et j'eus des vertiges. Il ne répondait plus rien. Je lui avait cloué le bec. Bordel, les regards étaient maintenus sur moi, j'étais une bête de foire. Une amie me sauva la mise en se remettant à danser vivement et en s'écriant :

     

    « Alleeez ! On bouge son boule les cocos !! »

     

    Je la remerciai mentalement. Enfin. J'essayais. Mais le décor tournait autour de moi. Mes yeux embués me faisaient voir flou. Bordel. J'avais envie de pleurer. Les toilettes. 'Fallait que j'coure aux toilettes. Les gens se remirent peu à peu à danser, et moi je me frayais un chemin entre ces corps jusqu'à atteindre la porte des toilettes. Mon menton tremblait mais je mordis mes lèvres aussi fort que possible pour ne pas craquer aux yeux de tous. Mon épaule cogna contre la porte quand j'essayais d'appuyer sur la poignée. Mes jambes me supportaient à peine. L'alcool ou la tristesse ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que je n'avais plus la force de me tenir debout. Je ne tentai donc pas de me relever et poussa la porte brutalement une fois la poignée tournée. Mes yeux étaient si remplis de larmes qu'elles commençaient à se déverser sur mon visage. Bordel. Bordel. Il y avait des filles dans les toilettes. Bordel. Sans plus réfléchir, sans même les regarder pour vérifier qu'elles ne faisaient pas attention à moi, je me précipitais dans les toilettes les plus proches et m'enferma à l'intérieur. Je m'adossais contre le mur et laissais éclater mes sanglots. J'savais qu'elles pouvaient m'entendre mais j'm'en foutais. J'sentais plus mon corps, j'me rendais plus compte de ce que je faisais, pis elles avaient l'air aussi déchirées que moi alors demain elles se souviendront pas que la petite Julie a craqué à deux heures du matin alors qu'elle s'amusait si bien juste avant. Mes mains séchaient mes larmes rageusement. Je me mouchais sans cesse dans le papier toilette. Putain. J'm'amusais si bien avec mon mec. J'l'aimais tellement. Maintenant c'est finis entre nous. J'aurais tellement aimé m'effondrer par terre mais c'était dégueu. J'en pouvais plus, chaque fois que j'arrêtais de pleurer ça me reprenait de plus belle. Y commençait à manquer de PQ alors je reniflais sans arrêt. Dieu que j'aimerais que ça s'arrête. Et je sais pas combien de temps ça a duré, l'alcool me faisant perdre la notion du temps, avant que quelqu'un toque à la porte de mes toilettes. Je ne voulus pas ouvrir mais ça toqua de nouveau. Pensant que c'était une de mes amies, j'ouvris la porte mais me trouva nez à nez avec Antoine (ou plutôt nez à torse vu comme il était grand). Je fendis dans ses bras en éclatant de nouveau en sanglot. Il resserra son étreinte en m'embrassant le sommet du crâne. Demain, nous aurons une discussion sérieuse, après avoir dessoûlé.

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    Merci d'être indulgent.

    Vous pouvez retrouver ce texte sur wattpad dans mon bordel des sentiments.

    Bonne soirée les amigos ;)


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